Époumoner
- Jean-Marie

- il y a 5 jours
- 29 min de lecture

Je m'étais amusé à imaginer comment Christophe et Martine avaient réussi à s'entendre et à à écrire et composer... C'est un peu long mais... Il y a de la suite dans les idées et quelques jeux avec les lettres et les mots !
Si tu t'époumones amie lectrice, dois-tu pour autant prendre deux aines ? Tu le peux si tu le veux puisque les deux orthographes sont admises malgré que mono aine fusse préconisé. Si donc je m'époumone à crier, je ne double aucune consonne et la conséquence, la traduction de ces cris vont générer un essoufflement avec deux esses et deux effes. Quand Christophe a chanté: "Et j'ai crié, crié-éé, Aline pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine" s'est-il époumoné ou s'est-il essoufflé. Pris pronominalement, avec un N ou deux, s'époumoner renvoie selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales vers fatiguer, fatiguer jusqu'à perdre le souffle. Si l'esse apostrophe disparaît, époumoner revêt plutôt un sens synonymique de essouffler (Perdre le souffle). L'exemple pris par le CNRTL est: "cette lecture m'a époumonnée", m'a essoufflée.
L'Aquilon s'époumonne et l'Autan se harasse (Hugo, Légende ,tome. 1, 1859, p. 325). L'aquilon vent du Nord ou du septentrion (d'après Aquilon une autre divinité du vent) fatigue jusqu'à perdre le souffle et l'autan qui vient de la mer et qui rend fou use, fatigue jusqu'à l'épuisement. Il est coquin Hugo dans l'emploi de son vocabulaire même s'il ne connaissait point encore la proxémie de notre cher Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. Vous amie lectrice préférez-vous vous fatiguer jusqu'à l'épuisement ou jusqu'à perdre le souffle ? De quelle façon vous fatigue les vents selon qu'ils soient Mistral ou Tramontane ou, au contraire, qu'il soit d'autan et venant de la mer ? Je sais ce que vous me répondrez à l'instant de reprendre votre souffle : "Autant en emporte le vent" ! Signifiant toute l'insignifiance que vous accordez à mes mots… Moi, un peu blessé par votre réaction exprimée peut-être encore sous le coup de l'époumonement, triste sans doute, et vexé par votre réaction, je vous dirais "au temps pour moi" reconnaissant ainsi mon erreur. Vous amie lectrice, lisant l'orthographe dans l'oralité ce qui n'est pas la moindre des qualités, certaine de votre main mise sur les tenants et aboutissants de cette discussion à bâtons rompus et embarquée par le titre du film où Olivia de Havilland joue le rôle de Mélanie, vous me rétorqueriez: "autant pour moi eh banane ! Autant pour moi pas au temps pour moi !". Peut-être vous époumonneriez-vous à me le crier, bien que je ne sois que peu sourd, tel un aquilon, à moins que vous vous harasseriez à me le répéter, bien que sourd je le sois devenu un peu plus, tel un autan.
Pourtant ne vous déplaise amie lectrice, et vos sarcasmes nés de votre capacité à identifier l'orthographe dans l'oralité ne pourront rien y changer, "au temps pour moi" s'orthographie "au temps pour moi". De l'espace organisé et décrit par Christophe dans sa chanson: "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis…", s'est ajouté le temps:"…il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu ". Le temps pour lui (Christophe), fut un plus que parfait d'abord, j'avais dessiné sur le sable, un imparfait ensuite son doux visage qui me souriait et enfin un passé composé il a plu sur cette plage, dans cet orage elle a disparu. (Initialement le personnage de cette situation était Martine, Martine que Christophe avait rencontrée à l'École primaire Alphonse de Lamartine quand cette dernière portait des nattes et une jupe plissée et lui des pantalons courts et des genoux écorchés). La plage vous l'aurez compris, c'est l'espace et l'orage c'est le temps. À l'espace est associé le plus que parfait. Du fait du temps ce plus que parfait étant passé par l'imparfait s'est décomposé en passé composé. Quand on décompose le passé composé on s'aperçoit que ce dernier se compose d'un auxiliaire de vie (la profession s'est largement féminisée depuis que la langue vivante a écrit les oralités) conjugué et d'un participe passé. Martine a disparu dans l'orage, lequel orage est une manifestation du temps et non de l'espace. Par contre Christophe avait dessiné le doux visage de Martine dans le sable de la plage (on le saura plus tard et non pas le sable du bac du square ou du bac pour les déjections canines ce qui eut pu tacher et la renommée de la chanson et celle du prénom Martine) soit dans un espace décrit et descriptible. Au temps pour lui, le Christophe, fut un temps météorologique contrariant puisque il a plu sur cette plage, ce qui a eu pour conséquence la disparition de Martine. Il a plu à Christophe qu'il en soit ainsi comme à Georges Perec d'écrire un livre sans E (Pas sans eux, sans elles, mais sans la lettre E). Si il a plu a Christophe qu'il pleuve sur cette plage afin de faire disparaitre Martine en passé composé, grand bien lui fasse mais très peu pour moi !
Qui dit orage dit vent: "dans cet orage elle a disparu" .L'apprenti psychanalyste que je deviens s'aventure à penser que Christophe était imprégné du film "Autant en emporte le vent" et du poème de Lamartine "Le Lac". "Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour, ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul jour ? (…) Oh temps suspend ton vol ! Et vous heures propices ! Suspendez votre cours" Suspendre le vol du temps en évoquant Éole, les activités chronophages, l'autan et l'aquilon est-ce s'époumoner avec un N ou deux N. Christophe aurait aimé que le temps suspende son vol pour que les gros cumulus ne s'amassent pas au dessus de cette plage sur laquelle de belles dames prenaient le soleil en topless gros poumons. Le dessin plus que parfait d'une Martine au doux visage souriant serait resté sans doute bien plus longtemps sauf à penser qu'un vent d'autan n'érode le sourire de la dame (Autant en emporte le vent d'autan). Peut-être y-a-t-il eu les deux, mais que Christophe n'avait pas la place (l'espace) ni le temps (durée) de raconter les deux. Toujours est-il que le temps calendaire, celui météo et l'espace (du fait des deux précédents) ont été modifiés. Christophe est rentré dare-dare à sa maison, il est arrivé tout mouillé, un peu essoufflé mais tout excité. La première strophe fut aisée: "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu, et j'ai crié, crié-éé, Martine pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine", il n'a même pas eu besoin de se sécher pour cela, les mots gouttaient et enchantaient sa plume. Au temps pour lui le début de cette chanson fut aisé autant la suite fut plut délicate ; pourtant il était séché quand il s'y attela. Il était sec, ses vêtements mouillés, il les avait installés sur les radiateurs, puis il s'assit et se mit à chercher l'inspiration. Victor Hugo, Lamartine, Homère aussi "Oh temps pourri, pensa-t-il, l'inspiration me fuit pourtant je la visualise la dame et c'est une bien belle âme, je veux y croire à cette chanson, j'ai l'espoir que ça marche enfin pour moi, son visage…Le sable mouillé…Comme un vestige à l'imaginaire de l'épave que je suis et si la chanson ne marche pas, je deviendrai postier et je changerai de refrain: "et j'ai trié trié-éé l'enveloppe pour qu'elle s'en aille et j'ai trié trié-éé par le timbre et la taille ". Sur le bout de sa plume, l'ordonnancement des mots a pris du temps mais s'est petit à petit affiné. S'adressant à Martine qui se réveillait de sa sieste dans le bungalow de plage loué pour la semaine, Christophe en habits secs trouva les mots idoines de Lamartine au Lac ou à l'Isolement: "Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour, ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul jour ? (…) Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! (…) Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
– Tu vois la Martine que moi aussi j'arrive à oraliser l'écrit et à écrire l'oralité et sans faute d'orthographe !
– Autant pour moi semble lui répondre la Martine je ne te savais pas aussi érudit des poètes du XIXème siècle
– Faute Martine faute ! Ça se voit que tu n'as pas lu ce qui précède et que ce pauvre frappadingue s'époumonne à écrire pour rien !
– Qu'est-ce que j'ai encore fait s'enquit la Martine…
– Je n'en sais rien !
– …
– C'est pas grave mais on dit "au temps pour moi" et tu ne dois pas être une amie lectrice sinon tu l'aurais lu dans les développements de la page !
– C'est quand même normal que je n'ai pas encore lu cette prose parce que le frappadingue n'a pas fini de l'écrire et qu'en ce moment, ne t'en déplaise sieur Christophe, il écrit notre dialogue,
– C'est pas faux Martine, c'est pas faux mais j'ai le début de ma chanson "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu. Refrain: et j'ai crié, crié-éé, Martine pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine" C'est pas dégueu non ?
– Bien Christophe, c'est bien…et t'as une suite ?
– Ouais et non, je cherchais quelques chose avec les autans et les aquilons tu sais ces vents qui font rien qu'à nous faire chier sur la plage quand ils soufflent et qui érodent les châteaux de sable et ton doux visage que j'avais dessiné sur la plage. Une suite à la autan en emporte l'aquilon du type: "J'ai attrapé un coup de soleil un coup d'amour, un coup d'je t'aime j'sais pas comment, il faut qu'j'me rappelle si c'est un rêve, t'es super belle j'dors plus la nuit, j'fais des voyages sur des bateaux qui font naufrages j'te vois toute nue sur du satin et j'en dors plus, viens m'voir demain mais tu n'es pas là, et si je rêve tant pis quand tu t'en vas j'dors plus la nuit mais tu n'es pas là, et tu sais, j'ai envie d'aller là-bas vers la fenêtre en face et d'visiter ton paradis.
– Et tu t'adresses à moi si tu chantes ça ? À moi Martine, à moi ta Martine, à moi La Martine ?
– Heu ouais ! Et puis regarde malgré la pluie j'ai pris un coup d'soleil
– C'est vrai qu't'es un peu rouge mais ton texte là au dessus ça me fait penser à quelque chose…du déjà vu du réchauffé, le mec qu'a attrapé un coup de soleil et qui déblatère tout çà… C'est bizarre, c'est pas du plagiat Christophe ?
– Oh non! a Martine je ne l'oserais pas…
– Pourtant on dirait du Cocciante…
– Attend Martine, réfléchit un peu Cocciante ses premiers succès datent de 1972 et tu sais aujourd'hui quelle année on est hein !
– C'est pas faux on est en 1964 mais quand même t'as pris un coup de soleil…
– Est-ce que t'as une âme Martine ?
– C'est ce que dit le curé quand je me confesse…
– Je sens que ça vient Martine, je sens que je trouve la fin de la chanson. J'abandonne Alphonse, les poumons, les roberts, j'abandonne les vents de terre de mer et de la rose des sables, je ne garde que l'essentiel Martine, que l'essentiel…
– Tu es beau mon Christophe quand tu es inspiré, je vais te regarder écrire, je ne bougerai pas je deviendrai l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien de fusil si tu ne me quittes pas !
– Je me suis assis auprès de son âme mais la belle dame s'était enfuie je l'ai cherchée sans plus y croire et sans un espoir, pour me guider…
– C'est beau comme du Lamartine, tu devrais rajouter à la fin :" un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !" ça ferait classe mon cricri d'amour !
– Chut la Martine, ne trouble pas le créateur ou il t'en cuira
– Autant pour moi autant pour moi
– Mais bordel combien de fois la Martine faudra-t-il te dire que c'est "au temps pour moi" tu devrais prendre des cours d'intuition orthographique d'oralité comme les amies lectrices du frappadingue !
– Oui mon cricri d'amour mais je gagne autant par mois ce qui n'est pas ton cas avec ta chansonnette à deux balles dont personne ne voudra: "Et j'ai crié crié-éé Martine pour qu'elle revienne !" Hé j'suis là mon coco ! Avec mon corps, mon âme, mon esprit et tout le saint-frusquin !
– Doucement ma poule doucement, c'est vrai que je ne gagne pas autant par mois mais au temps passé sans doute un jour je gagnerais plus d'autant par mois et nous partagerons ces sommes au prorata du temps passé à œuvrer : "au temps pour moi, au temps pour toi" et les vaches, les chèvres, les brebis et même les isards seront bien gardées!
– Oh mon cricri j'aime quand tu te mets en pétard…
– Ça y est en te regardant j'ai la suite: "je n'ai gardé que ce doux visage comme une épave sur le sable mouillé"… Dire qu'à la page 2 je me voyais épave et travaillant au tri postal !
– Tu me gardes comme une épave sur le sable mouillé ?
– C'est pas vraiment ce que je voulais dire mais je trouve que ça sonne bien ma Martine !
– Ne m'appelle plus ma Martine ou ta Martine ou la Martine ! Je t'interdis de mettre mon prénom dans cette chanson nase tu m'entends ! Je me casse ! Ma mère avait raison t'est qu'un nul ! poète de mes deux…Une épave moi 21 ans un physique de rêve une future star en playmate, une silhouette qui fait se retourner tous les keums de la plage et il me traite d'épave…
Il semblerait que le dialogue s'arrête net et là dans le bungalow de plage. Martine a fait rapidement sa valise et est sortie en claquant la porte avec violence. Les habits de Christophe étaient secs. Christophe repris la plume et recopia ce qu'il avait déjà écrit quand il était ruisselant et forma les mots de la suite de sa chanson.
J'avais dessiné sur le sable
Son doux visage qui me souriait
Puis il a plu sur cette plage
Dans cet orage, elle a disparu.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je me suis assis auprès de son âme
Mais la belle dame s'était enfuie.
Je l'ai cherchée sans plus y croire
Et sans un espoir, pour me guider.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je n'ai gardé que ce doux visage
Comme une épave sur le sable mouillé.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine...
Puis Christophe se précipita dehors et il cria à s'en époumonner Martine, Martine pour qu'elle revienne, Martine, Martine oh ! Il avait trop de peine. Au dessus de la mer un arc en ciel et tout là bas dans l'horizon entre le sable et la mer une silhouette qui marchait. Dommage pensa Christophe que nous n'ayons pas encore les portables je lui aurais envoyé un SMS. Ferais-je comme le grand Jacques : qui retrouva "Titine, Titine oh ma Titine" se demanda Christophe tout mari. Le grand Jacques, pour se faire s'essouffla et sans doute s'époumonna-t-il aussi je veux dire en cela qu'il y perdit poumons !
"Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !" telle fut sa quête au vent mais le vent se calma. Le demain ferait jour. Ce demain fut sans aquilon s'époumonant et sans autan s'harassant. Le temps était au beau, le ciel était tout bleu, Martine était partie, Anne ma sœur Anne ne voyait venir que le soleil qui rougeoit et le ciel qui bleuoit. Christophe était sans mélancolie, il savait les frappadingueries et connaissait les amies lectrices. "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! Le vers de Lamartine dit que sa Martine résonnait encore dans sa tête. Il ne pensait pas qu'autant pour lui elle était importante. "Autant pour lui ?" "Au temps pour lui". Que lui importait le temps maintenant: "De colline en colline en vain portant ma vue, du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, je parcours tous les points de l'immense étendue, et je dis : "Nulle part le bonheur ne m'attend".
– Eh le frappadingue, je m'appelle Christophe, et tu as narré comment j'ai écrit le texte de ma chanson. Mais ma Martine est partie et Lamartine me hante avec ses beaux vers du Lac ou de l'Isolement… Comment peux-tu m'aider ?
– Ta Martine ne veut plus être associée à ta chanson, elle s'est fourvoyée quant à la direction du mot épave. Par contre toi tu es dans le temps et l'espace et tes vers Lamartine le démontre un peu plus : "du Sud [l'espace] à l'aquilon [le vent], de l'aurore [le temps] au couchant [l'espace], je parcours tous les points [le plan euclidien] de l'immense étendue[l'espace], et je dis: "nulle part le bonheur ne m'attend" [espace intérieur et sablier de la vie].
– Tu métaphysiquerais pas un peu trop l'ami frappadingue que même tes lectrices elles vont se lasser ?
– Peut-être mais la chute, y as-tu pensé à la chute ?
– Quelle chute? Celle de reins de ma Martine ? Oui celle-là je l'ai perdue !
– Non la chute du récit, il faut bien trouver une !
– Non je n'y ai pas pensé !
– Martine, ta Martine elle est partie. Tu t'es assis près de son âme dis-tu dans ta chanson, mais près de toi elle ne respire plus puisqu'elle respire ailleurs, son âme n'a plus besoin d'air…
– C'est logique !
– Déjà elle n'est plu Martine mais Matine !
– C'est juste, mais dis-moi frappadingue est-ce qu'elle va les sonner ?
– Peut-être frère Jacques, peut-être…Et si tu apprends à l'oublier cette Matine maintenant qu'elle n'a plus l'air de Martine, si tu apprends à la désaimer tu enlèveras l'aime au souvenir d'elle n'est-ce pas ?
– Oui même si cela me semble difficile là tout de suite
– Il te faudra du temps tu as raison mais alors ce ne sera plus Matine mais atine, l'Atine si tu préfères comme la Martine.
– Je pourrais alors faire des jeux de mots avec latine et palatine, l'Atine palatine habite le palais bourbon…L'Atine est députée ! C'est sympa frappadingue mais je suis un peu perdu dans ton conte de nase : je cherchais après Titine et voilà que j'ai trouvée l'Atine !
– As-tu vu, Christophe, une latine aimer le thé anglais, le tea time obligé ?
– Non mais en même temps du haut de mes vingt ans je n'ai pas rencontré beaucoup de latines.
– Elles sont brunes et touffues un peu comme le Cocciante mais sans les coups de soleil !
– J'enlève de suite le thé frappadingue !
– À la bonne heure l'Atine se fait alors Aine n'est-ce pas Christophe ?
– Oui Aine
– CQFD
– …
– Et si tu greffes une aile à aine ou une aine à aile, bien sûr en mettant de côté l'intuition orthographique d'oralité, il est possible que tu retrouves une anagramme de prénom ou du poil des moutons, des chèvres, des lamas avec lequel il est possible de tricoter…
– L'haleine, la laine, laine, Aline ! Aline j'ai trouvé. Et je remplace dans ma chanson Martine par Aline c'est ça ?
– C'est ça Christophe, c'est ça. Tu comprends vite mais il faut, parfois t'expliquer longtemps. Tu as entendu Thomas Dutronc, dans une chanson il passe en revue les associations évidentes et il dit "c'est comme une plage sans Aline"!
– Non j'ai pas fais gaffe! je vais recopier ma chanson:
J'avais dessiné sur le sable
Son doux visage qui me souriait
Puis il a plu sur cette plage
Dans cet orage, elle a disparu.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je me suis assis auprès de son âme
Mais la belle dame s'était enfuie.
Je l'ai cherchée sans plus y croire
Et sans un espoir, pour me guider.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je n'ai gardé que ce doux visage
Comme une épave sur le sable mouillé.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine...
Les vicissitudes de la création et des amours sont complexes et sinueuses et tortueuses sont les sentes à emprunter pour arriver à comprendre. Aline m'avait proposé réflexion autour du mot souffle, essouffler. J'ai pris époumoner et quand on crie à s'en époumoner on crie fort et longtemps et au passé pour exprimer oralité dans l'écrit on dit comme Christophe: "Et j'ai crié, cri-ééé Martine pour qu'elle revienne, pardon Aline! (c'est l'habitude).
Une petite nouvelle dominicale ; j'ai retrouvé hier le cent-deux touches. J'espère amie lectrice que vous ne vous époumonerez pas à la lire. Marie-France, préserve toi de l'essoufflement pour que ton poumon cautérise mais ton vrai poumon pas celui argotique désignant le robert !, Martine ne m'en veut pas pour t'avoir fait intégrer cette histoire de mots, tu n'es pas une épave et ta chute de reins n'est pas perdue pour tout le monde, Valérie, tu fais partie des destinatrices es qualité d'amie lectrice, Maeve, je renoue avec toi par cet envoi et je te mettrais l'histoire de Papi Point, Karine pour toi aussi une façon de te dire coucou avec complicité. Paule aussi, et peut-être pourrez-vous ouvrir votre boîte mail. Oserais-je transmettre cet opus à Véronique ? Je pense que oui. Enfin Anne, tu es destinataire de cette nouvelle car elle ne contient pas de fesses ni de gros mots.
Aline bien sûr, il eût été difficile qu'il en soit autrement, tu es destinatrice de ce petit texte qui vaudra pour ce jour frappadinguerie quotidienne. Le capilotracté ou la façon brachycérosodomite du passage de La Martine à l'Aline a permis de meubler un petit peu cette épisode. S'il ne plait pas à la dame, elle me le fera savoir et je lui répondrais tranquillement : "autant pour moi !".
Enfin certains garçons recevront ce texte. Je m'excuse auprès d'eux de parler d'amie lectrice, mais maintenant que la langue française permet l'accord avec le genre majoritaire, je ne me prive pas. malgré que mono aine fusse préconisé. Si donc je m'époumone à crier, je ne double aucune consonne et la conséquence, la traduction de ces cris vont générer un essoufflement avec deux esses et deux effes. Quand Christophe a chanté: "Et j'ai crié, crié-éé, Aline pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine" s'est-il époumoné ou s'est-il essoufflé. Pris pronominalement, avec un N ou deux, s'époumoner renvoie selon le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales vers fatiguer, fatiguer jusqu'à perdre le souffle. Si l'esse apostrophe disparaît, époumoner revêt plutôt un sens synonymique de essouffler (Perdre le souffle). L'exemple pris par le CNRTL est: "cette lecture m'a époumonnée" m'a essoufflée.
L'Aquilon s'époumonne et l'Autan se harasse (Hugo, Légende ,tome. 1, 1859, p. 325). L'aquilon vent du Nord ou du septentrion (d'après Aquilon une autre divinité du vent) fatigue jusqu'à perdre le souffle et l'autan qui vient de la mer et qui rend fou use, fatigue jusqu'à l'épuisement. Il est coquin Hugo dans l'emploi de son vocabulaire même s'il ne connaissait point encore la proxémie de notre cher Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. Vous amie lectrice préférez-vous vous fatiguer jusqu'à l'épuisement ou jusqu'à perdre le souffle ? De quelle façon vous fatigue les vents selon qu'ils soient Mistral ou Tramontane ou, au contraire, qu'il soit d'autan et venant de la mer ? Je sais ce que vous me répondrez à l'instant de reprendre votre souffle : "Autant en emporte le vent" ! Signifiant toute l'insignifiance que vous accordez à mes mots… Moi, un peu blessé par votre réaction exprimée peut-être encore sous le coup de l'époumonement, triste sans doute, et vexé par votre réaction, je vous dirais "au temps pour moi" reconnaissant ainsi mon erreur. Vous amie lectrice, lisant l'orthographe dans l'oralité ce qui n'est pas la moindre des qualités, certaine de votre main mise sur les tenants et aboutissants de cette discussion à bâtons rompus et embarquée par le titre du film où Olivia de Havilland joue le rôle de Mélanie, vous me rétorqueriez: "autant pour moi eh banane ! Autant pour moi pas au temps pour moi !". Peut-être vous époumonneriez-vous à me le crier, bien que je ne sois que peu sourd, tel un aquilon, à moins que vous vous harasseriez à me le répéter, bien que sourd je le sois devenu un peu plus, tel un autan.
Pourtant ne vous déplaise amie lectrice, et vos sarcasmes nés de votre capacité à identifier l'orthographe dans l'oralité ne pourront rien y changer, "au temps pour moi" s'orthographie "au temps pour moi". De l'espace organisé et décrit par Christophe dans sa chanson: "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis…", s'est ajouté le temps:"…il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu ". Le temps pour lui (Christophe), fut un plus que parfait d'abord, j'avais dessiné sur le sable, un imparfait ensuite son doux visage qui me souriait et enfin un passé composé il a plu sur cette plage, dans cet orage elle a disparu. (Initialement le personnage de cette situation était Martine, Martine que Christophe avait rencontrée à l'École primaire Alphonse de Lamartine quand cette dernière portait des nattes et une jupe plissée et lui des pantalons courts et des genoux écorchés). La plage vous l'aurez compris, c'est l'espace et l'orage c'est le temps. À l'espace est associé le plus que parfait. Du fait du temps ce plus que parfait étant passé par l'imparfait s'est décomposé en passé composé. Quand on décompose le passé composé on s'aperçoit que se dernier se compose d'un auxiliaire de vie (la profession s'est largement féminisée depuis que la langue vivante a écrit les oralités) conjugué et d'un participe passé. Martine a disparu dans l'orage, lequel orage est une manifestation du temps et non de l'espace. Par contre Christophe avait dessiné le doux visage de Martine dans le sable de la plage (on le saura plus tard et non pas le sable du bac du square ou du bac pour les déjections canines ce qui eut pu tacher et la renommée de la chanson et celle du prénom Martine) soit dans un espace décrit et descriptible. Au temps pour lui, le Christophe, fut un temps météorologique contrariant puisque il a plu sur cette plage, ce qui a eu pour conséquence la disparition de Martine. Il a plu à Christophe qu'il en soit ainsi comme à Georges Perec d'écrire un livre sans E (Pas sans eux, sans elles, mais sans la lettre E). Si il a plu a Christophe qu'il pleuve sur cette plage afin de faire disparaitre Martine en passé composé, grand bien lui fasse mais très peu pour moi !
Qui dit orage dit vent: "dans cet orage elle a disparu" .L'apprenti psychanalyste que je deviens s'aventure à penser que Christophe était imprégné du film "Autant en emporte le vent" et du poème de Lamartine "Le Lac". "Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour, ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul jour ? (…) Oh temps suspend ton vol ! Et vous heures propices ! Suspendez votre cours" Suspendre le vol du temps en évoquant Éole, les activités chronophages, l'autan et l'aquilon est-ce s'époumoner avec un N ou deux N. Christophe aurait aimé que le temps suspende son vol pour que les gros cumulus ne s'amassent pas au dessus de cette plage sur laquelle de belles dames prenaient le soleil en topless gros poumons. Le dessin plus que parfait d'une Martine au doux visage souriant serait resté sans doute bien plus longtemps sauf à penser qu'un vent d'autan n'érode le sourire de la dame (Autant en emporte le vent d'autan). Peut-être y-a-t-il eu les deux, mais que Christophe n'avait pas la place (l'espace) ni le temps (durée) de raconter les deux. Toujours est-il que le temps calendaire, celui météo et l'espace (du fait des deux précédents) ont été modifiés. Christophe est rentré dare-dare à sa maison, il est arrivé tout mouillé, un peu essoufflé mais tout excité. La première strophe fut aisée: "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu, et j'ai crié, crié-éé, Martine pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine", il n'a même pas eu besoin de se sécher pour cela, les mots gouttaient et enchantaient sa plume. Au temps pour lui le début de cette chanson fut aisé autant la suite fut plut délicate ; pourtant il était séché quand il s'y attela. Il était sec, ses vêtements mouillés, il les avait installés sur les radiateurs, puis il s'assit et se mit à chercher l'inspiration. Victor Hugo, Lamartine, Homère aussi "Oh temps pourri, pensa-t-il, l'inspiration me fuit pourtant je la visualise la dame et c'est une bien belle âme, je veux y croire à cette chanson, j'ai l'espoir que ça marche enfin pour moi, son visage…Le sable mouillé…Comme un vestige à l'imaginaire de l'épave que je suis et si la chanson ne marche pas, je deviendrai postier et je changerai de refrain: "et j'ai trié trié-éé l'enveloppe pour qu'elle s'en aille et j'ai trié trié-éé par le timbre et la taille ". Sur le bout de sa plume, l'ordonnancement des mots a pris du temps mais s'est petit à petit affiné. S'adressant à Martine qui se réveillait de sa sieste dans le bungalow de plage loué pour la semaine, Christophe en habits secs trouva les mots idoines de Lamartine au Lac ou à l'Isolement: "Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour, ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul jour ? (…) Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! (…) Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
– Tu vois la Martine que moi aussi j'arrive à oraliser l'écrit et à écrire l'oralité et sans faute d'orthographe !
– Autant pour moi semble lui répondre la Martine je ne te savais pas aussi érudit des poètes du XIXème siècle
– Faute Martine faute ! Ça se voit que tu n'as pas lu ce qui précède et que ce pauvre frappadingue s'époumonne à écrire pour rien !
– Qu'est-ce que j'ai encore fait s'enquit la Martine…
– Je n'en sais rien !
– …
– C'est pas grave mais on dit "au temps pour moi" et tu ne dois pas être une amie lectrice sinon tu l'aurais lu dans les développements de la page !
– C'est quand même normal que je n'ai pas encore lu cette prose parce que le frappadingue n'a pas fini de l'écrire et qu'en ce moment, ne t'en déplaise sieur Christophe, il écrit notre dialogue,
– C'est pas faux Martine, c'est pas faux mais j'ai le début de ma chanson "J'avais dessiné sur le sable son doux visage qui me souriait puis il a plu sur cette plage dans cet orage, elle a disparu. Refrain: et j'ai crié, crié-éé, Martine pour qu'elle revienne, et j'ai pleuré pleur-éé j'avais trop de peine" C'est pas dégueu non ?
– Bien Christophe, c'est bien…et t'as une suite ?
– Ouais et non, je cherchais quelques chose avec les autans et les aquilons tu sais ces vents qui font rien qu'à nous faire chier sur la plage quand ils soufflent et qui érodent les châteaux de sable et ton doux visage que j'avais dessiné sur la plage. Une suite à la autan en emporte l'aquilon du type: "J'ai attrapé un coup de soleil un coup d'amour, un coup d'je t'aime j'sais pas comment, il faut qu'j'me rappelle si c'est un rêve, t'es super belle j'dors plus la nuit, j'fais des voyages sur des bateaux qui font naufrages j'te vois toute nue sur du satin et j'en dors plus, viens m'voir demain mais tu n'es pas là, et si je rêve tant pis quand tu t'en vas j'dors plus la nuit mais tu n'es pas là, et tu sais, j'ai envie d'aller là-bas vers la fenêtre en face et d'visiter ton paradis.
– Et tu t'adresses à moi si tu chantes ça ? À moi Martine, à moi ta Martine, à moi La Martine ?
– Heu ouais ! Et puis regarde malgré la pluie j'ai pris un coup d'soleil
– C'est vrai qu't'es un peu rouge mais ton texte là au dessus ça me fait penser à quelque chose…du déjà vu du réchauffé, le mec qu'a attrapé un coup de soleil et qui déblatère tout çà… C'est bizarre, c'est pas du plagiat Christophe ?
– Oh non! a Martine je ne l'oserais pas…
– Pourtant on dirait du Cocciante…
– Attend Martine, réfléchit un peu Cocciante ses premiers succès datent de 1972 et tu sais aujourd'hui quelle année on est hein !
– C'est pas faux on est en 1964 mais quand même t'as pris un coup de soleil…
– Est-ce que t'as une âme Martine ?
– C'est ce que dit le curé quand je me confesse…
– Je sens que ça vient Martine, je sens que je trouve la fin de la chanson. J'abandonne Alphonse, les poumons, les roberts, j'abandonne les vents de terre de mer et de la rose des sables, je ne garde que l'essentiel Martine, que l'essentiel…
– Tu es beau mon Christophe quand tu es inspiré, je vais te regarder écrire, je ne bougerai pas je deviendrai l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien de fusil si tu ne me quittes pas !
– Je me suis assis auprès de son âme mais la belle dame s'était enfuie je l'ai cherchée sans plus y croire et sans un espoir, pour me guider…
– C'est beau comme du Lamartine, tu devrais rajouter à la fin :" un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !" ça ferait classe mon cricri d'amour !
– Chut la Martine, ne trouble pas le créateur ou il t'en cuira
– Autant pour moi autant pour moi
– Mais bordel combien de fois la Martine faudra-t-il te dire que c'est "au temps pour moi" tu devrais prendre des cours d'intuition orthographique d'oralité comme les amies lectrices du frappadingue !
– Oui mon cricri d'amour mais je gagne autant par mois ce qui n'est pas ton cas avec ta chansonnette à deux balles dont personne ne voudra: "Et j'ai crié crié-éé Martine pour qu'elle revienne !" Hé j'suis là mon coco ! Avec mon corps, mon âme, mon esprit et tout le saint-frusquin !
– Doucement ma poule doucement, c'est vrai que je ne gagne pas autant par mois mais au temps passé sans doute un jour je gagnerais plus d'autant par mois et nous partagerons ces sommes au prorata du temps passé à œuvrer : "au temps pour moi, au temps pour toi" et les vaches, les chèvres, les brebis et même les isards seront bien gardées!
– Oh mon cricri j'aime quand tu te mets en pétard…
– Ça y est en te regardant j'ai la suite: "je n'ai gardé que ce doux visage comme une épave sur le sable mouillé"… Dire qu'à la page 2 je me voyais épave et travaillant au tri postal !
– Tu me gardes comme une épave sur le sable mouillé ?
– C'est pas vraiment ce que je voulais dire mais je trouve que ça sonne bien ma Martine !
– Ne m'appelle plus ma Martine ou ta Martine ou la Martine ! Je t'interdis de mettre mon prénom dans cette chanson nase tu m'entends ! Je me casse ! Ma mère avait raison t'est qu'un nul ! poète de mes deux…Une épave moi 21 ans un physique de rêve une future star en playmate, une silhouette qui fait se retourner tous les keums de la plage et il me traite d'épave…
Il semblerait que le dialogue s'arrête net et là dans le bungalow de plage. Martine a fait rapidement sa valise et est sortie en claquant la porte avec violence. Les habits de Christophe étaient secs. Christophe repris la plume et recopia ce qu'il avait déjà écrit quand il était ruisselant et forma les mots de la suite de sa chanson.
J'avais dessiné sur le sable
Son doux visage qui me souriait
Puis il a plu sur cette plage
Dans cet orage, elle a disparu.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je me suis assis auprès de son âme
Mais la belle dame s'était enfuie.
Je l'ai cherchée sans plus y croire
Et sans un espoir, pour me guider.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je n'ai gardé que ce doux visage
Comme une épave sur le sable mouillé.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Et j'ai crié, crié-éé, Martine, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine...
Puis Christophe se précipita dehors et il cria à s'en époumonner Martine, Martine pour qu'elle revienne, Martine, Martine oh ! Il avait trop de peine. Au dessus de la mer un arc en ciel et tout là bas dans l'horizon entre le sable et la mer une silhouette qui marchait. Dommage pensa Christophe que nous n'ayons pas encore les portables je lui aurais envoyé un SMS. Ferais-je comme le grand Jacques : qui retrouva "Titine, Titine oh ma Titine" se demanda Christophe tout mari. Le grand Jacques, pour se faire s'essouffla et sans doute s'époumonna-t-il aussi je veux dire en cela qu'il y perdit poumons !
"Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !" telle fut sa quête au vent mais le vent se calma. Le demain ferait jour. Ce demain fut sans aquilon s'époumonant et sans autan s'harassant. Le temps était au beau, le ciel était tout bleu, Martine était partie, Anne ma sœur Anne ne voyait venir que le soleil qui rougeoit et le ciel qui bleuoit. Christophe était sans mélancolie, il savait les frappadingueries et connaissait les amies lectrices. "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ! Le vers de Lamartine dit que sa Martine résonnait encore dans sa tête. Il ne pensait pas qu'autant pour lui elle était importante. "Autant pour lui ?" "Au temps pour lui". Que lui importait le temps maintenant: "De colline en colline en vain portant ma vue, du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, je parcours tous les points de l'immense étendue, et je dis : "Nulle part le bonheur ne m'attend".
– Eh le frappadingue, je m'appelle Christophe, et tu as narré comment j'ai écrit le texte de ma chanson. Mais ma Martine est partie et Lamartine me hante avec ses beaux vers du Lac ou de l'Isolement… Comment peux-tu m'aider ?
– Ta Martine ne veut plus être associée à ta chanson, elle s'est fourvoyée quant à la direction du mot épave. Par contre toi tu es dans le temps et l'espace et tes vers Lamartine le démontre un peu plus : "du Sud [l'espace] à l'aquilon [le vent], de l'aurore [le temps] au couchant [l'espace], je parcours tous les points [le plan euclidien] de l'immense étendue[l'espace], et je dis: "nulle part le bonheur ne m'attend" [espace intérieur et sablier de la vie].
– Tu métaphysiquerais pas un peu trop l'ami frappadingue que même tes lectrices elles vont se lasser ?
– Peut-être mais la chute, y as-tu pensé à la chute ?
– Quelle chute? Celle de reins de ma Martine ? Oui celle-là je l'ai perdue !
– Non la chute du récit, il faut bien trouver une !
– Non je n'y ai pas pensé !
– Martine, ta Martine elle est partie. Tu t'es assis près de son âme dis-tu dans ta chanson, mais près de toi elle ne respire plus puisqu'elle respire ailleurs, son âme n'a plus besoin d'air…
– C'est logique !
– Déjà elle n'est plu Martine mais Matine !
– C'est juste, mais dis-moi frappadingue est-ce qu'elle va les sonner ?
– Peut-être frère Jacques, peut-être…Et si tu apprends à l'oublier cette Matine maintenant qu'elle n'a plus l'air de Martine, si tu apprends à la désaimer tu enlèveras l'aime au souvenir d'elle n'est-ce pas ?
– Oui même si cela me semble difficile là tout de suite
– Il te faudra du temps tu as raison mais alors ce ne sera plus Matine mais atine, l'Atine si tu préfères comme la Martine.
– Je pourrais alors faire des jeux de mots avec latine et palatine, l'Atine palatine habite le palais bourbon…L'Atine est députée ! C'est sympa frappadingue mais je suis un peu perdu dans ton conte de nase : je cherchais après Titine et voilà que j'ai trouvée l'Atine !
– As-tu vu, Christophe, une latine aimer le thé anglais, le tea time obligé ?
– Non mais en même temps du haut de mes vingt ans je n'ai pas rencontré beaucoup de latines.
– Elles sont brunes et touffues un peu comme le Cocciante mais sans les coups de soleil !
– J'enlève de suite le thé frappadingue !
– À la bonne heure l'Atine se fait alors Aine n'est-ce pas Christophe ?
– Oui Aine
– CQFD
– …
– Et si tu greffes une aile à aine ou une aine à aile, bien sûr en mettant de côté l'intuition orthographique d'oralité, il est possible que tu retrouves une anagramme de prénom ou du poil des moutons, des chèvres, des lamas avec lequel il est possible de tricoter…
– L'haleine, la laine, laine, Aline ! Aline j'ai trouvé. Et je remplace dans ma chanson Martine par Aline c'est ça ?
– C'est ça Christophe, c'est ça. Tu comprends vite mais il faut, parfois t'expliquer longtemps. Tu as entendu Thomas Dutronc, dans une chanson il passe en revue les associations évidentes et il dit "c'est comme une plage sans Aline"!
– Non j'ai pas fais gaffe! je vais recopier ma chanson:
J'avais dessiné sur le sable
Son doux visage qui me souriait
Puis il a plu sur cette plage
Dans cet orage, elle a disparu.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je me suis assis auprès de son âme
Mais la belle dame s'était enfuie.
Je l'ai cherchée sans plus y croire
Et sans un espoir, pour me guider.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Je n'ai gardé que ce doux visage
Comme une épave sur le sable mouillé.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine.
Et j'ai crié, crié-éé, Aline, pour qu'elle revienne
Et j'ai pleuré, pleuré-éé, oh ! J'avais trop de peine...
Les vicissitudes de la création et des amours sont complexes et sinueuses et tortueuses sont les sentes à emprunter pour arriver à comprendre. Aline m'avait proposé réflexion autour du mot souffle, essouffler. J'ai pris époumoner et quand on crie à s'en époumoner on crie fort et longtemps et au passé pour exprimer oralité dans l'écrit on dit comme Christophe: "Et j'ai crié, cri-ééé Martine pour qu'elle revienne, pardon Aline! (c'est l'habitude).
Une petite nouvelle dominicale ; j'ai retrouvé hier le cent-deux touches. J'espère amie lectrice que vous ne vous époumonerez pas à la lire. Marie-France, préserve toi de l'essoufflement pour que ton poumon cautérise mais ton vrai poumon pas celui argotique désignant le robert !, Martine ne m'en veut pas pour t'avoir fait intégrer cette histoire de mots, tu n'es pas une épave et ta chute de reins n'est pas perdue pour tout le monde, Valérie, tu fais partie des destinatrices es qualité d'amie lectrice, Maeve, je renoue avec toi par cet envoi et je te mettrais l'histoire de Papi Point, Karine pour toi aussi une façon de te dire coucou avec complicité. Paule aussi, et peut-être pourrez-vous ouvrir votre boîte mail. Oserais-je transmettre cet opus à Véronique ? Je pense que oui. Enfin Anne, tu es destinataire de cette nouvelle car elle ne contient pas de fesses ni de gros mots.
Aline bien sûr, il eût été difficile qu'il en soit autrement, tu es destinatrice de ce petit texte qui vaudra pour ce jour frappadinguerie quotidienne. Le capilotracté ou la façon brachycérosodomite du passage de La Martine à l'Aline a permis de meubler un petit peu cette épisode. S'il ne plait pas à la dame, elle me le fera savoir et je lui répondrais tranquillement : "autant pour moi !".
Enfin certains garçons recevront ce texte. Je m'excuse auprès d'eux de parler d'amie lectrice, mais maintenant que la langue française permet l'accord avec le genre majoritaire, je ne me prive pas.
Jean-Marie Giraud
Nyons, juillet 2017



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